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BWV 531: Prélude et fugue en Do majeur
Oeuvre de jeunesse qui porte la marque des grands maîtres qu'il admire. Dans le plus pur style nordique, le prélude oppose traits de pédalier et figures d'accords. La fugue abonde en épisodes de divertissement. La construction classique: exposition classique du sujet aux 4 voix laisse vite place à une péroraison animée et brillante, comme le fonts les grands maîtres du nord.
BWV 532: Prélude et fugue en Ré majeur
C'est l'une des pages les plus brillantes de Bach: très influencée par ces grand maîtres, elle laisse déjà voir la personnalité de Bach. La fugue est de structure assez libre avec un sujet joyeux et débordant d'idées nouvelles.
BWV 533: Prélude et fugue en Mi mineur
Composition qui se situe dans les années précédent l'époque de Weimar. Le jeune maître s'y affirme en un prélude de caractère dramatique, tandis que la fugue se déroule dans un sujet d'une douce tristesse.
BWV 534: Prélude et fugue en Fa mineur
Ce diptyque nous montre un développement de Bach avec plus de rigueur que ses maîtres. Prélude d'une sombre grandeur avec figures ascendantes que l'on retrouvera dans la fugue.
BWV 535: Prélude et fugue en Sol mineur
Oeuvre de jeunesse, poche du prélude BWV 532. On retrouve l'héritage de Buxtehude: caractère de toccata improvisée du prélude aux divers épisodes contrastés. Le sujet de la fugue reprend le thème du prélude: montées et descentes chromatiques.
BWV 536: Prélude et fugue en La majeur
Ce prélude datant des années de Weimar est une page simple et claire sans plan tonal bien définit avec des accords brisés ascendants et descendants. Le sujet de la fugue évoque celui du concerto de la cantate BWV 152.
BWV 537: Fantaisie et fugue en Do majeur
Datant de Weimar, l'écriture en style fugué de la fantaisie est très maîtrisée. Fait rare chez Bach, la fugue répond au thème développé dans la fantaisie. La forte expression personnelle de la pensée fait déjà de ce diptyque une oeuvre de maturité.
BWV 538: Toccata et fugue en Ré mineur "Dorienne"
C'est la seule oeuvre de Bach qui porte les indications de changement de clavier. Ces changements de clavier ont pou but d'opposer des groupes d'accords à d'autres. De la toccata, on a pu dire qu'elle était le modèle des toccata de l'école symphonique: beaucoup de contrastes violents. L'analyse de l'imposante fugue de 222 mesures remplit d'étonnements et d'admiration. Elle montre sans économies de moyens une rigueur de construction et une puissance de concentration hors du commun.
BWV 539: Prélude et fugue en Ré mineur
La fugue est précédée par un prélude polyphonique à quatre voix et sans pédalier, d'un caractère grave, mais qui pâlit devant la pièce qu'il introduit. La fugue est la transcription du second mouvement de la sonate pour violon seul BWV 1001. Bach reste très fidèle à l'original, dont le développement est rigoureusement respecté.
BWV 540: Toccata et fugue en Fa majeur
Avec ses 438 mesures, la toccata en fa reste l'une des pièces d'orgue les plus développée par Bach. Bâtie sur une seule idée thématique, elle se développe selon une rythmique bien immuable, un mouvement régulier, flot majestueux de doubles croches. La cellule initiale donne une impulsion sur laquelle va vivre toute la page, motricité qui va l'animer de bout en bout. Après un portique si grandiose, la fugue à quatre voix, si différente, jette sans doute moins d'éclats.
BWV 541: Prélude et fugue en Sol majeur
Prélude et fugue sont tous deux marqués par le style concertant vivaldien auquel Bach se passionne alors. Leur écriture évoque en plusieurs endroits celle d'un orchestre à cordes, et leur construction s'apparente même à celle d'un mouvement de concerto.
BWV 542: Fantaisie et fugue en Sol mineur
L'un des grands chefs d'oeuvres de la littérature d'orgue, c'est aussi une page où le génie et la maîtrise de Bach éclatent avec le plus d'évidence. Malgré ses oppositions d'un récitatif quasi improvisé, la fantaisie possède une grande unité que lui confère principalement son langage harmonique. Au pathétique grandiose de la fantaisie répond la fugue de la victoire conquise. Quoique dans une tonalité mineure, la sujet affirme le triomphe de l'énergie lumineuse, presque joyeuse, sur la tentation du désespoire. Merveilleux sujet animé d'une pulsation rythmique impérieuse.
BWV 543: Prélude et fugue en La mineur
Le prélude fait défiler une série de formules de toccata, organisées avec beaucoup de force persuasive et de cohérence dans le mouvement rhapsodique. La fugue se fonde sur l'un des sujets les plus populaires de BAch. Elle présente plusieurs épisodes successifs, et s'achève sur une péroraison brillante.
BWV 544: Prélude et fugue en Si mineur
Un des plus beau manuscrit de Bach, où son graphisme puissant, élégant et généreux témoigne du caractère parachevé de ce diptyque. Tout désigne ce prélude et fugue comme une oeuvre de la grande maturité créative de Bach. Si le prélude a pu apparaître comme une grande interrogation vers l'au-delà, la fugue cherche à nouveau à apporte une réponse.
BWV 545: Prélude et fugue en Do majeur
Par un souci d'unité avec la fugue, Bach emprunte le motif descendant de la pédale à l'un des éléments de divertissement de la fugue. De plus, le motif sur lequel s'appuie tout le prélude n'est autre que le sujet diminué de la fugue. Ainsi l'union entre ses deux volets est parfaitement réalisée, entre lesquels le largo s'insère comme une méditation poétique.
BWV 546: Prélude et fugue en Do mineur
Le thème de la mort est suffisamment fréquent chez Bach pour dire qu'il sous-tend ce prélude. A l'analyse, cette densité symbolique ce confirme. Le nombre de 144 mesures du prélude, à une époque où Bach joue de plus en plus sur le symbolisme des nombres, ne tient pas du hasard: 144=12x12 est chargé d'un poids symbolique dans les textes Bibliques, notamment dans l'Apocalypse. C'est aussi la somme des ordres des lettres qui forment Johann Sébastian. La fugue comporte 159 mesures, soit 158 plus l'accord final; 158 étant la somme des ordres des lettres de Johann Sébastian Bach. Elle est écrite à cinq voix, fait rare dans la musique d'orgue chez Bach.
BWV 547: Prélude et fugue en Do majeur
Le prélude est peut être le plus accompli de tous ceux de Bach, qui y opère une magistrale synthèse de tous les élément de son langage organistique. Il se présente comme un mouvement de concerto avec sa partie de pédale qui marque le rythme, et son motif refrain qui le sous-tend, et par lequel il finira. La fugue est une prodigieuse construction sonore, construite sur un sujet très court et apparemment anodin: 8 notes en tout. En fait ramassé sur lui même, il apparaît une cinquantaine de fois en 72 mesures. Divisée en quatre périodes, le pédalier n'apparaît que dans la dernière.
BWV 548: Prélude et fugue en Mi mineur
De toute la série des préludes et fugues, celui-ci est l'un des plus monumentaux et des plus achevés quant à la densité de l'écriture. Le prélude se présente comme trois couplets encadrés par quatre refrains, dont le dernier reprend pratiquement le premier en totalité. La fugue est la plus longue fugue pour orgue de Bach avec 232 mesures. Elle suit le mouvement d'un concerto: exposition, développement et réexposition.
BWV 549: Prélude et fugue en Do mineur
Page marquée par l'influence de Buxtehude. Le prélude est de caractère virtuose, tandis que la fugue est traitée assez librement pour se finir en style de toccata.
BWV 550: Prélude et fugue en Sol Majeur
Le prélude s'élance sur un motif de deux mesures; et reflète le caractère des grands maîtres du nord. Un intermède grave de trois mesures relie la fugue et le prélude. La fugue assez longue, bien construite, mais bride l'imagination par son architecture. Le sujet est proche du prélude.
BWV 551: Prélude et fugue en La mineur
Il s'agit en fait d'un Praeludium à la manière de Buxtehude qui présente un prélude, une première fugue, un interlude, la fugue principale et une toccata conclusive.
BWV 552: Prélude et fugue en Mib majeur
Ce prélude précède la messe pour orgue écrite par Bach, regroupée sous le nom de chorals du Dogme. Ce prélude est fortement imprégné de symbolisme: celui de la Trinité. Celui-ci apparaît dès les trois bémols à la clé du ton de mi bémol majeur. Il se poursuit avec ses trois figures thématiques: le thème du Père (A) majestueux qui revient comme thème-refrain; celui du Fils (B), pétri de tendresse; celui de l'Esprit Saint, fluide et quasi immatériel. Ce prélude est le plus long et le plus développé de toute l'oeuvre de Bach. La construction fait entendre les différentes sections dans l'ordre: A-B-A-C-A-B-C-A; la dernière section reprenant identiquement la première en réexposition, et bouclant ainsi l'oeuvre sur elle-même pour l'éternité.
BWV 553: petit prélude et fugue en Do majeur
BWV 554: petit prélude et fugue en Ré mineur
BWV 555: petit prélude et fugue en Mi mineur
BWV 556: petit prélude et fugue en Fa majeur
BWV 557: petit prélude et fugue en Sol majeur
BWV 558: petit prélude et fugue en Sol mineur
BWV 559: petit prélude et fugue en La mineur
BWV 560: petit prélude et fugue en Sib majeur
BWV 561: Fantaisie et fugue en La mineur
Cette page abonde en formules digitales brillantes, un peu extérieures, et ne fait pas expressément appel au pédalier. Elle ne manque cependant pas de verve, et demande beaucoup de brio de la part de l'interprète. La fugue débouche sur un mouvement de fantaisie symétrique du premier.
BWV 562: Fantaisie et fugue en Do mineur (inachevée)
Il s'agit d'un diptyque dont la fugue s'arrête au bout de 27 mesures; ce qui rend celle-ci injouable. Sans doute le manuscrit original a été perdu. La fantaisie, sorte de ricercare à 5 voix est dans le style français. Nous sommes dans un climat de méditation douloureusement obstiné.
BWV 563: Fantaisie avec imitation en Si mineur
Sous ce titre, se présente une sorte de prélude et fugue, dont les deux volets relèvent d'une écriture en imitation assez simple et rigoureuse. La fantaisie commence sur un petit motif, tandis que la fugue est une imitation à 4 voix au bref sujet.
BWV 564: Toccata, adagio et fugue en Do majeur
Oeuvre de jeunesse, la toccata est bâtie en deux grandes sections d'inégale longueur. C'est d'abord un récitatif plein d'imprévus aux claviers, suivit d'un trait de pédale où les mesures se répondent en écho. La deuxième partie, enchaînée par deux accords au trait de pédale, est un allegro bâti sur deux éléments thématiques. L'adagio contraste avec ce qui précède et ce qui suit. C'est l'écriture d'une aria de concerto à l'italienne. Le sujet de la fugue se situe avec la toccata dans le rapport d'une réponse à une question.
BWV 565: Toccata et fugue en Ré mineur
Oeuvre de jeunesse: Bach a 20 ans, très influencé par les compositeurs du Nord qu'il admire. La liberté d'écriture qu'il possède alors, se manifeste notamment dans les saillies fulgurantes qui composent la toccata, dans les répartitions en filigranes au milieu de la fugue, de motifs de cette toccata qui finit par ressurgir. Imposant final, c'est davantage une toccata, fugue, toccata.
BWV 566: Toccata et fugue en Mi majeur
Page de jeunesse, Bach conserve les models du grand Buxtehude. A un prélude initial bien charpenté, succèdent une première fugue, puis un transitoire en style de toccata pour amener une deuxième fugue de caractère dansant. Conclusion sous forme de toccata qui rappel le motif de la fugue.
BWV 567: Pélude en Do majeur
BWV 568: Prélude en Sol majeur
Avec ses diverses formules d'écritures un peu automatiques et ses manifestations de virtuosité, manuelle et pédestre, ce prélude est plus qu'une oeuvre composée, mais une improvisation notée.
BWV 569: Pélude en La mineur
Un peu monotone et répétitif, on remarque que ce prélude se fonde sur une unique cellule rythmique de quatre notes: trois brèves et une longue, qui peut prendre une figure incantatoire.
BWV 570: Fantaisie en Do majeur
BWV 571: Fantaisie (concerto) en Sol majeur
BWV 572: Fantaisie en Sol majeur
Partition très originale, marquée de l'influence française. Ses trois mouvements portent des titres français: très vivement, gravement, lentement. Le premier est un léger récit d'accords arpégés descendants peu à peu vers le grave du clavier. S'enchaîne ensuite une partie à 5 voix, à l'harmonie compacte en dissonances. Brutalement interrompu, le discours débouche sur des accords brisés arpégés ascendants. Le motif prend corps dans le médium avant de remonter pour conclure, soutenu par une descente chromatique du pédalier.
BWV 573: Fantaisie en Do majeur (inachevée)
BWV 574: Fugue en Do mineur
Autre hommage à l'Italie, cette fugue à 4 voix dite sur un thème de Legrenzi. Il s'agit plus d'une double fugue où les sujets sont d'abord séparés, puis exposés ensemble dans un style de toccata.
BWV 575: double fugue en Do mineur
Avec son sujet en guirlande entretenant une ambiguïté tonale et modale, c'est ans doute l'oeuvre d'un jeune musicien ébloui par les modèles des organiste du Nord.
BWV 576: Fugue en Dol majeur
L'irrégularité des épisodes de cette fugue montre un musicien à la recherche de sa forme, mais la diversité et l'ingéniosité dans le traitement du sujet sont d'un compositeur déjà fort imaginatif et aguerri au contrepoint.
BWV 577: Fugue en Dol majeur (Gigue)
Sorte de gigue, cette fugue à quatre voix inclue une basse très volubile au pédalier, et se développe en un divertissement de caractère instrumental à trois même deux voix seulement. La strette et la coda accentuent le caractère joyeux de cette oeuvre qui conviendrait très bien pour le temps de Noël.
BWV 578: Fugue en Sol mineur
C'est l'une des oeuvres les plus jouée de Bach. Il faut dire que son sujet y est pour beaucoup: mélodie amplement déroulée, dont la franche carrure ne néglige pas une certaine nonchalance. Le compositeur montre dans cette page une joyeuse affirmation de soi; il y prend des libertés avec les strictes règles de la fugue et ne fait intervenir généralement que trois voix, préférant le charme et les coloris légers à l'élaboration rigoureuse.
BWV 579: Fuge en Si mineur
L'hommage aux grands maîtres italiens est ici évident, puisque le sujet de cette fugue est emprunté d'une sonate de Corelli. Sa forme est assez libre, introduisant des caractères concertants.
BWV 580: Fugue en Ré majeur
BWV 581: Fugue en Sol majeur
BWV 582: Passacaille et fugue en Do mineur
Unique en son genre, la Passacaille est à rapprocher des Partitas: une suite de variations sur un thème qu'elles glorifient en en développant toutes les virtualités. Ici, c'est un magnifique motif de 8 mesures, d'une coupe très franche, qui est d'abord exposé seul au pédalier, avant de se prêter à 20 variations, suivies d'une fugue sur le même sujet. Le génie de Bach est ici à son maximum: richesse de l'imagination sonore coulée dans une polyphonie d'une extrême rigueur, avec la plus grande économie de moyens: pas une note inutile ou laissée au hasard dans ce tissu complexe et dense, où l'oreille retient d'abord la magie incantatoire d'un motif devenant obsédant dans ses métamorphoses. On notera que les var. 1 à 10 présentent le thème à la basse, tel quel ou orné; puis les var. 11 et 12 le font entendre au soprano, 13 à l'alto, 14 au ténor, et à la var. 15, il est sous-entendu au sein des arpèges qui s'envolent avant sa rentrée triomphale à la basse pour les 5 dernières variations. Rythmiquement, on observe une progression en intensification croissante des figures, conjuguées ou opposées. Le thème fugué, sur les quatre premières mesures seulement de la Passacaille, constitue une ultime et énorme variation: la 21; repartant simplement après la colossale progression qui précède, pour s'acheminer à nouveau vers une dramatique apothéose.